Paris, le 9 octobre 2018

Dialogue de la Fédération Trans et Intersexes avec le ministère des Solidarités et de la Santé : Agnès BUZYN annule sa venue au 9e Congrès de la SoFECT

Le mardi 2 octobre 2018, la Fédération Trans et Intersexes (FTI), représentée par ses porte-paroles, a été reçue par Monsieur Grégory EMERY, conseiller de Madame Agnès BUZYN, ministre de la santé et des solidarités.
Ce rendez-vous avait été demandé par la FTI suite à l’annonce de la SoFECT de la présence et de l’intervention de Mme Agnès BUZYN lors de l’ouverture de son congrès le 12 octobre 2018 à Paris, prétendument placé sous le haut patronage de Madame la Ministre.
Pendant cette réunion, nous avons pu affirmer et expliquer en détail nos inquiétudes et notre désaccord quant à une telle position du ministère. Celle-ci équivaudrait en effet à légitimer l’approche de la SoFECT en faveur de la pathologisation et de la psychiatrisation des personnes trans.
Ce mardi, Monsieur EMERY, nous a informé que Madame la Ministre n’avait pas confirmé sa venue au congrès de la SoFECT : suite à l’interpellation de la FTI, elle a pu avoir connaissance de nos arguments et des enjeux de cette manifestation, qui l’ont conduite à prendre la décision de ne plus y participer, ce dont nous nous félicitions.
Lors de ce même rendez-vous, nous avons aussi alerté le ministère sur les inégalités et dysfonctionnements de prise en charge des dossiers de demandes ALD selon les régions, dossiers et retours rassemblés par nos associations et collectifs à l’appui. Monsieur EMERY nous a assuré qu’il allait procéder à l’envoi d’un courrier aux structures concernées de l’Assurance Maladie dans le sens d’une harmonisation au niveau national vers une prise en charge la plus large possible. Nous espérons que ceci sera fait dans les plus brefs délais et restons vigiltant·e·s.
Enfin, le ministère n’a exprimé aucune position claire quant à la prescription de l’Androcur © (acetate de cyprotérone) dans le cadre des traitements hormonaux de substitution. Nous avions pourtant sollicité des explications sur cette question importante pour de nombreuses personnes trans, notamment suite aux études sur les risques de méningiome et à la lettre de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) aux professionnel·le·s de santé.
Nous sommes en attente d’une réponse précise sur ce sujet, ainsi que celui, urgent et décisif, de la fin des mutilations enfants intersexes qui n’a pu être discuté.
Les associations de la Fédération Trans et Intersexes